La montée des populistes en occident ces dernières années semble avoir encouragé bien des dirigeants dans leur mépris des droits humains. Le Kremlin, par exemple, a ardemment défendu le régime autoritaire du président Poutine comme n’étant « pas pire » que le bilan de plus en plus troublé des pays occidentaux en matière de droits humains. En Chine, le président Xi Jinping, à l’instar de Poutine, exerce la répression la plus terrible contre les dissidents depuis vingt ans. En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a profité d’une tentative de coup d’Etat pour écraser les voix de l’opposition. En Egypte, le président Abdel Fattah al-Sissi a intensifié la répression commencée après son propre coup d’Etat. Aux Philippines, le président Rodrigo Duterte a publiquement appelé à l’exécution sommaire des individus soupçonnés de trafic ou de consommation de drogue -et même des activistes qui les défendent. En Inde, le premier ministre Narendra Modi tente de faire taire les associations qui le critiquent, alors qu’il ferme les yeux sur les tactiques d’intimidation et les crimes racistes perpétrés par des groupes nationalistes hindous à l’encontre des minorités ethniques et religieuses. Pendant ce temps en Syrie, persuadé de n’avoir pas grand-chose à craindre des protestations occasionnelles des pays occidentaux, le président Bachar Al-Assad, avec l’appui de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah libanais, piétine le droit international humanitaire en attaquant sans merci les populations civiles dans les zones du pays tenues par l’opposition, notamment à Alep. De leur côté, plusieurs dirigeants africains, craignant des poursuites nationales ou internationales à leur encontre, ont sévèrement critiqué la Cour pénale internationale et, dans trois cas, annoncé leur intention de s’en retirer.