Dans toute l’Asie du Sud l’année dernière, des gouvernements ont invoqué des motifs de maintien de l’ordre, de sécurité nationale et de religion pour justifier leurs attaques contre des minorités religieuses, la criminalisation de la liberté d’expression, les disparitions forcées, le recours fréquent à la peine de mort et les atteintes aux droits des réfugiés. L’impunité était généralisée. La liberté d’expression était largement menacée en Asie du Sud. Utilisant comme excuse des notions floues telles que « l’intérêt national » pour museler la population, les gouvernements ont pris pour cible des journalistes, des défenseurs des droits humains et d’autres personnes qui n’avaient fait qu’exprimer pacifiquement leurs convictions. Une nouvelle tendance à la pénalisation de la liberté d’expression sur internet s’est également développée. Au Pakistan, cinq blogueurs qui avaient critiqué le gouvernement ont été victimes d’une disparition forcée. D’autres blogueurs ont été arrêtés pour avoir critiqué l’armée ou pour avoir fait des commentaires jugés « contraires à l’islam ». Des personnes ayant critiqué le gouvernement du Bangladesh ou la famille de la Première ministre ont également fait l’objet de poursuites judiciaires. Le gouvernement de ce pays a proposé une nouvelle loi sur la sécurité numérique, qui limiterait encore davantage le droit à liberté d’expression en ligne et imposerait des sanctions encore plus sévères. En Afghanistan, où le taux de pénétration d’internet est parmi les plus faibles de la région Asie-Pacifique, une nouvelle loi de lutte contre la cybercriminalité, pénalisant la liberté d’expression, a été adoptée. Les manquements en matière de protection des droits économiques, sociaux et culturels avaient de lourdes conséquences. Le Pakistan n’ayant pas mis sa législation en conformité avec les normes internationales, la population souffrait d’une discrimination à grande échelle, de restrictions des droits des travailleurs et d’une sécurité sociale insuffisante.