Après s’être stabilisé en 2016, le déficit public belge devrait avoir baissé fortement en 2017 grâce à des conditions conjoncturelles favorables, à des facteurs ponctuels ainsi qu’à un ajustement structurel. Selon les prévisions de l’automne 2017 de la Commission, le déficit aurait été ramené de 2,5 % du PIB en 2016 à 1,5 % en 2017. Tant les revenus (+0,2 pp du PIB) que les dépenses (-0,8 pp) devraient avoir contribué à cette amélioration. En 2018, le déficit nominal ne devrait diminuer que modérément, pour atteindre 1,4 % du PIB. Le ratio des recettes au PIB devrait reculer de 0,6 pp. Ce recul traduit principalement la mise en œuvre de nouvelles diminutions de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et des cotisations sociales dans le cadre de la réforme fiscale visant à réduire la pression fiscale sur le travail. Cette baisse est compensée par une diminution comparable des dépenses, imputable à une contraction des dépenses portant sur les prestations sociales, les paiements d’intérêts, les salaires du secteur public et les subventions. En termes structurels, le processus d’assainissement budgétaire devrait s’interrompre en 2018, le solde structurel restant globalement inchangé. Depuis 2011, lorsqu’il a atteint son pic à 4,0 % du PIB, le solde structurel s’est amélioré de 2,5 % du PIB (jusqu’en 2017), tandis que le solde structurel primaire n'a progressé que de 1,5 % du PIB au cours de la même période. Cela signifie que près de la moitié de l’assainissement structurel est imputable à des taux d’intérêt favorables. La Belgique semble donc avoir partiellement manqué l’occasion de mettre à profit la politique monétaire accommodante pour procéder à un assainissement budgétaire plus ambitieux et plus rapide.